La Culture boisée une bouée de Sauvetage pour Haiti et Son Environnement

Les Méfaits de l’Héritage Colonial

Quand Christophe Colomb toucha l’île d’Hayiti le 6 décembre 1942, il fût frappé par sa verdure et sa ressemblance avec l’Espagne. L’aventurier baptisa l’île Ispagnola pour cette raison. Aussi dans le langage de près d’un millon d’ amérindiens – appelés Arawaks- qui peuplaient les cinq caciquats qui gouvernaient l’île, bien avant l’invasion européenne, Ayiti, Quisqueya ou Boyo selon l’appelation choisie signifiait Terre Haute ou Montagneuse.

Cette île qui baigne dans la mer des Caraïbes s’est vite fait remarquer par sa forêt tropicale verdoyante. Les envahisseurs espagnols se montrèrent sans pitié pour les Arawaks, réduits en esclavage et qui mouraient par milliers dans l’exploitation des mines d’or du Cibao ou ailleurs dans l’île. Pour remplacer les Arawaks qui ont aussi  péri dans des guerres sous les pas des chevaux et des fusils espagnols, des noirs sont venus d’afrique pour être mis en esclavage dans le cadre du commerce triangulaire.La coupe systématique des bois précieux comme le cèdre et l’acajou s’intensifièrent avec l’arrivée des aventuriers Français qui finiront par arracher le tiers occidental de l’île des Espagnols, la république d’Haïti d’aujourd’hui, sous la pression des flibustiers et des boucaniers. La division de l’île en deux colonies, l’une espagnole et l’autre française, fut scellée en 1697 par le traité de Ryswick, en Angleterre.

Pour établir la colonie la plus riche, les Français ont introduit la culture de la canne pour fabriquer du sucre qui était aussi précieux que le pétrole et les terres rares aujourd’hui. La colonie française allait exiger la coupe des arbres pour planter la canne à sucre, le café ou l’indigo. Il n’est pas sans importance d’insister sur le fait que les bois précieux des forêt d’Haïti étaient exportés vers l’Espagne ou la France, pour ne pas citer l’Angleterre qui a fait aussi des incursions sur les côtes du pays pour prendre sa part du “gateau colonial”.

 

Haiti : Déboisement Chronique et Systématique

La destruction d’autres arbres comme le campêche venaient agraver par la suite la deforestation systématique des mornes d’Haïti. L’esclave africain n’avait qu’un petit morceau de terre, cédée par son maître, pour nourrir sa famille. La méthode d’agriculture, qui sévit encore de nos jours, consistait à abattre les arbres pour en faire du charbon de bois avant de faire l’agriculture. Le charbon de bois représente encore de nos jours la source énergétique la plus utilisée dans les ménages haitiens. Ainsi, le paysan détruit les arbres pour faire du charbon de boipour acheter du riz qui provient des Etats Unis. L’argent du charbon sert aussi à tout dans un pays dèpourvu de politique énergétique et économique: nourrir sa famille, payer les frais d’acouchement de sa femme ou payer les frais de scolarité d’un enfant. Haïti est devenu un désert. Des statistiques oscillent entre 2%  et 30% de couverture végétale; ce qui est certain aucune mesure gouvernementale n’est en cours pour stopper cette hémoragie environnementale qui tue le pays.

A Legros, par exemple, les oiseaux ont disparu ou immigré vers la République Dominicain; il n’y a plus de grains et d’arbres. Il n’y a pas un seul animal domestique; comment nourrir un chien quand on ne peut nourrir son enfant.

Il est douloureux de voir l’image d’Haïti depuis l’avion: une masse de terre jaune et des côtes maritimes tout aussi jaunâtres. Le contraste est frappant entre l’image des côtes de la République Dominicaine ou de Cuba. A cause de la deforestation, la terre arable et les alluvions quittent les pentes de nos mornes pour se déferler vers les rivières et la mer. Les poissons s’en vont en eau profonde par le fait que les côtes sont remplis de terre et d’alluvions qui proviennent des mornes denudés.

 

Haiti : Déboisement Chronique et Systématique

C’est pour cela, Crefis priorise le reboisement. Il est impératif de cesser de couper les abres et d’en fabriquer du charbon de bois. Dans la situation actuelle d’Haïti, couper un arbre équivaut à couper ses orteilles, se déraciner soi-même.

Crefis promeut donc la culture en terrasse ou culture boisée pour faire une agriculture écologique. Une ferme écologique témoin sera donc construit comme un chantier pilote de développement et de survie pour l’homme haïtien  et  son environnement.

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Mission de CREFIS

La mission de CREFIS est de soutenir les leaders locaux et les groupes affiliés alignés sur sa vision et ses idéaux, en les guidant vers l’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes en Haïti.

Pour accomplir cette mission, CREFIS s’engage à :

  • Former un leadership local capable d’initier des initiatives de développement durable et endogène afin de répondre aux besoins humains fondamentaux ;

  • Organiser des espaces de réflexion et des sessions de formation sur les causes du sous-développement en Haïti et sur la priorisation des défis majeurs ;

  • Élaborer des projets en collaboration avec les groupes affiliés, en encourageant les initiatives de développement à la base ;

  • Présenter les projets aux organisations partenaires d’aide, en mettant un accent particulier sur la formation, la gestion des investissements et le suivi des projets ;

  • Lutter contre la corruption en se positionnant comme un intermédiaire transparent entre les organisations d’aide et les bénéficiaires-acteurs.

 

Vision de CREFIS

CREFIS vise à identifier, soutenir et former les associations traditionnelles de la commune de Roseaux dans le cadre d’une expérience pilote qui sera ensuite étendue à l’ensemble des communes du département de la Grand’Anse et à travers tout Haïti. Cet accompagnement est de nature technique, institutionnelle et administrative.

Le champ d’action de l’organisation couvre l’ensemble des domaines du développement humain et communautaire, avec un accent particulier sur :

  • la protection de l’environnement et le développement agricole ;

  • la promotion de l’éducation et de la santé ;

  • l’émergence d’un leadership communautaire ;

  • le développement de la micro-entreprise.

Objectif Général de Crefis

 

CREFIS cherche à soutenir et à renforcer les associations existantes et les groupes communautaires à Roseaux et dans l’ensemble de la région de la Grand’Anse en leur offrant formation et accompagnement. Son objectif est d’aider ces groupes à briser le cercle vicieux de la pauvreté en promouvant un leadership local dynamique, capable d’initier, de gérer et d’assurer le suivi de projets d’investissement axés sur les besoins humains fondamentaux, notamment l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux services de santé, à l’éducation, à l’emploi et à la coopération.

Les groupes bénéficiaires ne sont pas considérés comme de simples récipiendaires d’aide, mais comme des bénéficiaires-acteurs — des agents capables de contribuer activement à leur propre émancipation.